Suite à l’abandon de son projet architectural, L’Ancre a dû engager des investissements massifs sur fonds propres pour aménager La Station, un lieu temporaire destiné à assurer la continuité de ses activités.
Ces dépenses pèsent aujourd’hui lourdement sur notre équilibre financier et nous contraignent à suspendre la programmation et à placer l’ensemble du personnel au chômage économique.
Une situation inédite pour une institution qui s’apprête à célébrer ses 60 ans d’existence.
Douze années d’attente et des infrastructures toujours inadaptées
Depuis plusieurs décennies, L’Ancre alerte les pouvoirs publics sur l’état de ses bâtiments et sur la nécessité de disposer d’infrastructures adaptées à ses missions de création, de production et d’accueil du public.
En 2014, l’octroi d’un subside exceptionnel de la Région wallonne permettait enfin d’envisager la construction d’un nouveau théâtre. Porté par la Ville de Charleroi en tant que maître d’ouvrage, ce projet devait apporter une réponse durable aux problèmes historiques de l’institution.
Après douze années de démarches, d’études, de modifications successives et d’attente, l’annulation du permis unique par le Conseil d’État a mis un terme au projet initial.
Les besoins, eux, sont toujours là.
Un déménagement provisoire aux conséquences financières considérables
Pour assurer la continuité de ses activités pendant les travaux annoncés, L’Ancre a investi le Centre de Distribution Urbain, aujourd’hui appelé La Station.
Afin de pouvoir y accueillir les artistes, les équipes et le public dans des conditions correctes, L’Ancre a dû engager d’importants investissements sur ses fonds propres : aménagement des espaces, installations techniques, équipements, sécurité, sanitaires et autres adaptations indispensables.
Des dépenses considérables pour une institution dont les moyens financiers sont avant tout destinés à remplir des missions artistiques et culturelles.
Ces investissements, réalisés pour assurer la continuité des activités du théâtre, pèsent aujourd’hui lourdement sur son équilibre financier.
Une équipe entière au chômage économique
Face à cette situation, L’Ancre est contraint de prendre une décision particulièrement difficile : placer l’ensemble de son équipe au chômage économique pendant 6 semaines durant les mois de novembre et décembre 2026. Durant cette période, aucune programmation ou activité ne pourra être assurée.
Derrière cette décision, ce sont des travailleuses et des travailleurs, des métiers et des projets artistiques qui se retrouvent temporairement à l’arrêt.
Cette mesure vise à préserver l’équilibre financier de l’institution, mais elle ne constitue en aucun cas une solution durable.
Le paradoxe est douloureux : après avoir investi massivement pour pouvoir continuer à accueillir ses publics, L’Ancre doit aujourd’hui suspendre ses activités pour préserver son avenir.
Quel avenir pour L’Ancre ?
L’Ancre est un théâtre de création contrat-programmé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis près de 60 ans, il contribue activement au développement de la création contemporaine, accompagne les artistes et mène un travail essentiel de médiation culturelle auprès des publics, des écoles et du tissu associatif.
Les difficultés auxquelles il fait face aujourd’hui ne remettent pas en question la pertinence de ses missions. Elles soulignent, au contraire, l’urgence de disposer d’infrastructures et de moyens adaptés pour les exercer.
Des échanges se poursuivent avec les autorités publiques concernant l’avenir du théâtre.
À l’approche de ses 60 ans, L’Ancre ne demande pas davantage que les conditions nécessaires pour continuer à créer, à accueillir et à faire vivre la culture à Charleroi.
L’Ancre, son équipe et son Conseil d’administration restent pleinement mobilisés pour défendre un projet pérenne, répondant aux besoins réels de l’institution et aux exigences de ses missions.
Après douze années d’attente, il est indispensable qu’une perspective durable puisse enfin se concrétiser.