PROJET ARCHITECTURAL – AVORTÉ – DE L'ANCRE

Nos Actus
Ancre extérieur

Retrouvez ici tous les communiqués en lien avec le projet architectural de L'Ancre partagés au mois d'avril suite aux annonces dans la presse et l'annulation du permis unique de construction du "futur bâtiment" du théâtre.

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10 AVRIL 2026 : Premier communiqué

Chers publics,

Cela fait maintenant plus de 12 ans que le Théâtre de L’Ancre, sa direction et son équipe portent un projet ambitieux de rénovation et de construction d’un théâtre de création à Charleroi, dans un dialogue constant avec le bureau L’Escaut.

Un projet pensé, construit, affiné avec rigueur et conviction. Validé, soutenu, annoncé, inscrit dans des programmes politiques et dans des publications urbanistiques de référence, il a été présenté à de nombreuses reprises par la Ville de Charleroi elle-même comme un levier du renouveau tant attendu. Une vision largement partagée : offrir au théâtre de création carolo un outil digne de ce nom, et contribuer à la revitalisation d’un quartier trop longtemps délaissé.Aujourd’hui, tout est balayé, faute d’un soutien politique réel et constant dans ce dossier. En effet, l’annulation du permis unique vient anéantir plus d’une décennie de travail, d’engagement, d’attente et d’espoir.

Ce projet figurait pourtant dans les programmes politiques du parti au pouvoir lors des deux dernières mandatures. Il a été validé par un bourgmestre, également échevin de la Culture et président du premier parti en Wallonie. Il a été défendu en conférences de presse, mis en scène publiquement – maquette et projections à l’appui – et porté pendant des années comme un projet structurant.

Aujourd’hui, il disparaît à la suite de diverses inconsistances politiques. Pendant tout ce temps, L’Ancre n’est pas restée immobile. Nous avons investi sur fonds propres pour maintenir une activité, continuer à créer, accueillir un public diversifié et faire vivre un théâtre, malgré des infrastructures que chacun sait depuis trop longtemps obsolètes, inadaptées, et désormais dangereuses et indignes de ce que les Carolos sont en droit d’attendre pour la première ville wallonne.

À ce jour, pas un euro supplémentaire n’a été mobilisé pour soutenir ces efforts ni pour assurer la pérennité d’un théâtre de création qui s’apprête à fêter 60 ans de présence à Charleroi. Sans ces efforts permanents, il ne resterait déjà plus qu’un bâtiment insalubre et délabré, et une probable cessation d’activité.

La situation atteint aujourd’hui un seuil critique. Elle nous contraint à envisager le chômage économique pour l’ensemble de notre équipe dès la saison prochaine. Elle nous plonge dans une précarité que nous n’aurions jamais dû connaître après 60 ans d’existence et 12 années de travail structuré autour d’un projet clair, mené en dialogue constant avec la Ville et son administration, pour offrir une création contemporaine de qualité, accessible dans un territoire qui ne dispose ni d’école d’art, ni de véritable communauté artistique structurée, mais bien de nombreux citoyens curieux et fiers de l’effervescence culturelle locale.Ce qui se joue ici, à Charleroi, dépasse le seul Théâtre de L’Ancre. Ce sont des engagements publics qui restent sans suite. C’est une certaine idée de la culture comme moteur de développement urbain qui vacille ou reste uniquement attribuée à certain·e·s.Nous ne pouvons pas passer cela sous silence.Nous ne pouvons pas nous taire, ni accepter une situation que nous devrions continuer à porter seuls à bout de bras.Nous nous battrons jusqu’au bout, parce que nous croyons encore — et malgré tout — en la JUSTICE.


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19 AVRIL 2026 : Deuxième communiqué

L’article de presse paru dans L’Écho du samedi 4 avril (« Le projet de rénovation de L’Ancre s’effondre après 12 ans de travail ») et notre communiqué du 10 avril, partagé sur nos plateformes, ont suscité de nombreuses réactions, de l’indignation et des questions. Plusieurs d’entre vous ont exprimé une certaine confusion quant à l’abandon du projet de construction du nouveau Théâtre de l’Ancre. Nous souhaitons aujourd’hui revenir sur les faits, depuis le début de cette aventure architecturale qui nous a occupés pendant plus de 12 ans, jusqu’à l’annulation du permis, apprise il y a quelques jours.

Pour vous donner un contexte clair, revenons sur ce qu’est L’Ancre et sur ses missions. L’Ancre est un théâtre de création subsidié par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il reçoit un subside annuel pour mener à bien les missions détaillées dans son contrat-programme. L’Ancre a des missions artistiques précises et joue un rôle essentiel dans la démocratisation culturelle, en lien avec différents publics, notamment les écoles et le tissu associatif.

L’Ancre a été fondé en 1967 et a connu une période d’itinérance avant d’acquérir, sur fonds propres, son bâtiment actuel, rue de Montigny, dans les années 80. Depuis toujours, L’Ancre connaît un problème structurel : un plateau beaucoup trop petit pour répondre aux exigences de la création contemporaine. En effet, L’Ancre produit des spectacles avec d’autres théâtres partenaires dans les grandes villes francophones, mais son plateau ne permet pas toujours d’accueillir des spectacles qu’il a lui-même produits. Cette situation nous oblige très souvent à demander à des partenaires de nous prêter une salle, alors même qu’ils ont leur propre programmation, ce qui engendre des coûts supplémentaires pour L’Ancre.

Un deuxième problème historique concerne le logement des artistes venant créer à Charleroi. Les résidences artistiques font partie des missions principales de L’Ancre. Le théâtre a acquis, il y a une vingtaine d’années, une maison rue d’Assaut destinée à cet effet. Depuis plus de 10 ans, L’Ancre a introduit plusieurs demandes d’aide à la Ville pour la rénovation de cette maison, en vain.

Depuis le milieu des années 80, L’Ancre cherche à pouvoir résoudre le problème de la taille de son plateau. Sous les différentes directions successives, plusieurs projets ont été soumis pour la rénovation et la transformation de ses bâtiments. Aucune de ces demandes n’a jamais abouti jusqu’à présent par manque de soutien.

Le bâtiment actuel du théâtre a déjà fait l’objet de plusieurs contrôles par différentes instances (BTV, AFSCA, Securex, etc.), et tous les rapports vont dans le même sens : le bâtiment est insalubre et inadapté aux activités du théâtre et à l’accueil du public. Électricité non conforme, câbles apparents, installation de chauffage insuffisante et défaillante, nombre de sanitaires insuffisant, infiltrations dans la toiture au-dessus de la salle de spectacle (l’eau ruisselle sur des câbles), moisissures visibles dans les bureaux et espaces publics, espaces de travail trop exigus (trop de travailleurs entassés dans de petits locaux), simple vitrage dans les bureaux (avec des températures hivernales descendant à 13–15 °C)… Une institution publique accueillant du public ne peut plus rester dans une telle situation.

En 2014, nous avions reçu une nouvelle extraordinaire : notre demande de rénovation a été entendue par le ministre Jean-Marc Nollet et L’Ancre allait enfin pouvoir disposer d’un outil de travail et de création digne de ce nom. Nous allions enfin pouvoir exercer nos missions, soumises aux mêmes exigences que celles des autres théâtres de création ou centres scéniques de Bruxelles et de Wallonie, qui disposent de subsides beaucoup plus importants et d’infrastructures adéquates et conformes.

Aujourd’hui, à travers cette publication, nous souhaitons faire toute la lumière sur cette longue saga dont vous connaissez l’issue actuelle. En tant qu’institution publique subsidiée, il est logique que ses publics aient accès à ce déroulé et à ces faits en toute transparence. Année après année, vous pourrez découvrir les étapes, les blocages, les erreurs et les incohérences qui ont jalonné ce projet avant son effondrement.

Depuis un peu moins d’un an, L’Ancre a reçu l’autorisation de la Ville d’occuper le Centre de Distribution Urbain afin de poursuivre ses activités durant ce qui devait être uniquement la période des travaux de la rue de Montigny. Aujourd’hui, le CDU et notre chapiteau semblent être notre seul espoir de disposer d’un espace pour mener à bien nos missions. Même si cela constitue un début de solution, ce bâtiment a été conçu comme un entrepôt de marchandises, et non comme un lieu culturel capable d’accueillir plusieurs centaines de personnes dans de bonnes conditions.

Si cette première solution semble enfin se dessiner pour L’Ancre (alors que, durant les deux mandatures précédentes, aucune solution concrète ne nous avait été proposée), celle-ci s’accompagne de contraintes importantes : en échange d’un loyer dérisoire, c’est à L’Ancre d’assumer la mise en conformité du bâtiment sur fonds propres. Cela représente des coûts considérables pour l’institution (plus de 120000 euros), qui se voit contrainte de placer une partie de son personnel en chômage économique afin de maintenir une situation financière viable. Tous les investissements réalisés jusqu’ici l’ont été sur fonds propres, sans aide financière ni de la FWB ni de la Ville. Suite à la mise en œuvre du plan Oxygène, L’Ancre a été diminué d’un quart de ses subsides contrairement ce qui avait été annoncé.

L’intention de cette publication n’est pas de créer la polémique. Nous sommes conscients de la complexité de la situation et du fait qu’elle peut prêter à interprétation. Notre volonté est de présenter les faits et de les replacer dans leur contexte, celui qui est le nôtre depuis plus de 12 ans.

Nous restons disponibles et transparents pour répondre à vos questions. Si nécessaire, une séance d’information pourra être organisée afin d’apporter des éclaircissements.

L’Ancre continuera à se battre pour des conditions de travail dignes, indispensables à l’accomplissement de ses missions. Nous avons perdu du temps et tout notre patrimoine en échange d’un entrepôt qui nous impose une pression financière importante pour pouvoir vous accueillir dans des conditions minimales. Nous ne pouvons pas en rester là, garder le silence, ni nous réjouir d’un tel dénouement. Il s’agit d’un échec pour L’Ancre, pour la culture, pour les Carolos, pour Charleroi, pour la Wallonie et pour tous les artistes de la FWB. Ce projet culturel a été fragilisé, notamment par une insuffisance de sécurisation administrative face à un contentieux prévisible et annoncé de longue date.

Ce que L’Ancre souhaite aujourd’hui ? Simplement ce qui lui a été promis il y a 12 ans : un bâtiment conforme aux normes pour le personnel, les artistes et le public ; un plateau comparable à ceux de ses homologues dans les autres villes — au minimum 15 x 15 m pour la grande salle, et 8 x 8 m pour la petite salle ou salle de répétition ; des logements sains et dignes pour les artistes. La base pour travailler correctement.

Pourquoi Charleroi devrait-elle avoir moins, ou être moins bien qu’ailleurs ? Pourquoi sa jeunesse, son tissu associatif, son corps éducatif et le grand public devraient-ils s’en contenter ?

À L’Ancre, nous refusons de nous y conformer et de nous y résigner. Nous ferons entendre notre voix.


Bref historique du projet de rénovation de L’Ancre

2014

L’Ancre introduit un nouveau dossier auprès de la Région wallonne en vue de rénover ses bâtiments et de construire un nouveau théâtre, avec une ambition forte en matière de performance énergétique.

Le projet obtient un subside exceptionnel de 6 millions d’euros HTVA, soutenu au sein du gouvernement wallon par Jean-Marc Nollet, alors ministre du Développement durable avec le soutien du Ministre Président Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi et échevin de la Culture.

À ce montant s’ajoute un financement de

594.000 €, confirmé par Paul Furlan (Ministre des pouvoirs locaux), destiné à permettre à la Ville de Charleroi d’acquérir plusieurs bâtiments stratégiques (rue d’Assaut et rue de Montigny) nécessaires à la réalisation du projet. En contre partie, l’ASBL doit céder le subside et l’ensemble de ses bâtiments à la Ville de Charleroi.

2015

La Ville de Charleroi confirme l’achat des bâtiments situés rue d’Assaut 12 et rue de Montigny 120/124, afin de les intégrer au projet de rénovation et de reconstruction du théâtre.

Dans ce cadre, l’ASBL Théâtre de L’Ancre cède l’ensemble de son patrimoine immobilier à la Ville. Celle-ci devient alors maître d’ouvrage, responsable de la réalisation du projet et bénéficiaire du subside régional.

Le subside de 6 millions d’euros HTVA, initialement octroyé à l’ASBL, sera transféré à la Ville au moment de la mise en œuvre des travaux.

La Ville désigne IGRETEC comme maître d’ouvrage délégué pour piloter le projet.

2016

Les bâtiments situés rue d’Assaut sont officiellement cédés à la Ville de Charleroi.

À l’issue d’un concours organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles à la demande de la Ville, le projet de construction du nouveau théâtre est attribué au bureau d’architecture Bureau L’Escaut.

2017

Le projet architectural (projet #1) retenu est présenté publiquement lors d’une conférence de presse.

Cette année marque également les 50 ans du théâtre, célébrés sous l’appellation « L’Ancre – Théâtre Royal ».

Cependant, une erreur est découverte dans la matrice cadastrale lors de la relecture de l’acte de cession. Il apparaît qu’une parcelle indispensable à la réalisation du projet est manquante, ce qui bloque totalement son avancement.

L’information est transmise au bureau d’architecture, et la Ville indique qu’elle prendra en charge la résolution de ce problème sans expropriation.

Signature d’un bail emphytéotique pour une durée de 99 ans.

2020

Après 3 ans et demi de blocage, la Ville de Charleroi procède à l’achat du bâtiment contenant la parcelle manquante, permettant de débloquer administrativement le projet.

Dans la continuité, la Ville souhaite acquérir les immeubles situés aux numéros 128 et 130 de la rue de Montigny (deux bâtiments en coin de rue abandonnés et fortement dégradés). Cette opération permet d’élargir le périmètre du projet et d’envisager une requalification plus globale de cette entrée de ville.

Le Bureau L’Escaut présente alors une nouvelle esquisse (projet #2) intégrant l’ensemble des bâtiments (du 120 au 130), ainsi que la création d’un parvis, à la demande de la Ville.

2021

En l’absence de solution claire concernant la relocalisation du théâtre pendant la durée des travaux, L’Ancre anticipe une période d’itinérance.

Afin d’assurer la continuité de ses activités, l’institution fait l’acquisition, sur fonds propres, d’un chapiteau d’occasion.

Dans ce contexte incertain, une première « dernière saison dans les murs » est annoncée au public, laissant entendre un déménagement imminent qui ne se concrétisera pas.

L’Ancre commence à tester divers lieux pour sa future itinérance : le centre de délassement de Marcinelle, le Foyer Culturel de Montigny-le-Tilleul, BAD Festival…

2022

Cession (acte notarial) de l’ensemble du patrimoine immobilier de L’Ancre à la Ville de Charleroi, actant définitivement le transfert de propriété et de responsabilité du projet.

Une deuxième « dernière saison dans les murs » est annoncée au public, dans l’attente d’un démarrage des travaux sans calendrier précis, repoussé de 6 en 6 mois.

Parallèlement, une nouvelle version du projet architectural (projet #3) est élaborée, intégrant différentes adaptations demandées par la Ville.

Changement du bail emphytéotique pour une durée de 27 ans pour s’aligner sur les autres opérateurs culturels.

2023

La demande de permis unique est introduite et accordée par la Région wallonne, marquant une avancée importante.

La projet est présenté aux riverains via une maquette devant une vingtaine de personnes. L’accueil est globalement positif. Seul un voisin immédiat, particulièrement informé, exprime son opposition. Il menace de bloquer le projet en raison d’une perte d’ensoleillement sur sa parcelle. Il conditionne son accord à un rachat de son bien ou à une compensation financière pour la moins-value financière. Ces éléments sont transmis par L’Ancre à la Ville et son avocat en tant que gestionnaires du projet, avec les réelles craintes quant au blocage vu ses compétences immobilières et juridiques.

Une nouvelle conférence de presse en présence du Bourgmestre est organisée afin de présenter la maquette au grand public.

Une troisième « dernière saison dans les murs » est annoncée...

Le chapiteau est aménagé sur fonds propres afin de permettre la continuité des activités hors les murs. En parallèle, L’Ancre recouvre les façades concernées par le projet d’une fresque monumentale réalisée par l’artiste carolo Adhoc, afin de rendre visible l’ampleur du futur bâtiment.

L’Ancre est invité à payer le revenu cadastral de l’ensemble des bâtiments concernés par le projet, y compris certains qui n’ont jamais été en sa possession (plusieurs dizaines de milliers d’euros). Une demande de correction est introduite auprès du SPF Finances. Le dossier est toujours en cours, bien que la Ville ait accepté de rembourser les montants réclamés pour 2023 et 2024. L’Ancre doit payer sur fonds propres les frais d’avocat.

Introduction par le voisin d’un recours au Service Public de la Région Wallonne.

2024

Une quatrième « dernière saison dans les murs » est annoncée au public, aucune date de début de chantier n’est encore réellement confirmée.

L’Ancre poursuit activement ses recherches pour trouver un lieu (financièrement supportable) capable d’accueillir ses activités pendant les travaux, tant pour le chapiteau que pour ses bureaux, mais sans succès.

Parallèlement, une deuxièmement demande de paiement du revenu cadastral est adressée à l’ASBL, concernant l’ensemble des bâtiments rue de Montigny et rue d’Assaut.

Dans le même temps, l’AFSCA ordonne la fermeture de la cuisine du bar. Une tolérance de deux ans avait été accordée, en raison du départ imminent annoncé… qui ne s’est toujours pas concrétisé.

Les dossiers techniques (plans d’exécution, normes incendie, etc.) continuent d’être élaborés, signe que le projet reste officiellement en cours.

Au mois d’avril, le permis est accordé par la Région Wallonne sous conditions. En juin, le voisin introduit un recours auprès du Conseil d’État, invoquant une perte d’ensoleillement de sa cour intérieure ainsi qu’un vice de procédure.

En décembre, la nouvelle majorité communale de Charleroi et son nouveau bourgmestre rencontre l’équipe de L’Ancre et prend connaissance du dossier.

La Ville évoque une situation financière difficile, tout en réaffirmant le caractère prioritaire du projet. Elle annonce néanmoins la nécessité de réduire le budget global d’environ un tiers, imposant une révision importante du projet.

2025

Suite aux nouvelles contraintes budgétaires imposées à la Ville de Charleroi (plan Oxygène), le bureau Bureau L’Escaut élabore une nouvelle version du projet (projet #4).

Cette adaptation implique notamment une réduction de l’ampleur du bâtiment, en particulier de sa hauteur, afin de répondre à la fois aux limites financières et aux critiques formulées dans le cadre du recours introduit. Sont supprimés des espaces d’accueil du public et des artistes et également la rénovation des résidences d’artistes.

Après 11 années d’attente d’un démarrage du projet, L’Ancre obtient finalement la confirmation de pouvoir s’installer temporairement dans le Centre de Distribution Urbain (CDU) pendant la durée des travaux.

Cette occupation se fait en échange d’un loyer symbolique, mais implique que l’ASBL prenne en charge l’ensemble des coûts d’aménagement et de mise en conformité du site pour accueillir du public et des équipes. Il s’agit d’un hangar destiné au stockage de marchandises, inadapté à une activité culturelle.

Tous les aménagements doivent être réalisés sur fonds propres : sécurité, éclairage, sanitaires... Plusieurs demandes d’aide financière sont introduites, sans succès. Le bâtiment reste difficilement exploitable, notamment en période de froid, et ne permet pas d’accueillir toute l’équipe (absence de bureaux). Les coûts de mise en conformité sont estimés à 120.000 €, dont déjà 60.000 € engagés par L’Ancre.

En parallèle, une troisième demande de paiement du revenu cadastral est adressée à l’ASBL, incluant encore des biens qui ne lui appartiennent pas. Une troisième demande de révision est introduite.

2026

Le recours introduit par le voisin aboutit : le Conseil d’État annule le permis unique, non motivé et argumenté par le Ministre en charge de l’aménagement du territoire. De janvier 2025 à octobre 2025, L’Escaut a pourtant travaillé sur une esquisse qui devait répondre aux arguments du voisin en réduisant le gabarit et, ce faisant, en réduisant le budget. L’esquisse a été présentée à la Ville le 13/10/2025, sans suite.

Cette décision entraîne l’arrêt du projet de construction du nouveau bâtiment rue de Montigny et de 12 années de travail.

Si ce recours apparaît comme l’élément déclencheur immédiat, il s’inscrit dans un contexte plus large marqué par des années de retards, d’incertitudes et d’ajustements successifs.

Conclusion

Au terme de plus d’une décennie, le projet n’a pas toujours pas abouti. Au-delà du recours, cette situation met en lumière un manque de continuité, de suivi et de priorisation dans la gestion du dossier, pourtant porté par la Ville de Charleroi en tant que maître d’ouvrage et confié à l’IGRETEC.

Malgré les moyens engagés, les adaptations successives et les efforts constants de L’Ancre pour maintenir ses activités, le projet n’a pas été mené à son terme ni suffisamment défendu pour garantir sa réalisation.

Mais que veut L’Ancre ?

Simplement ce qui lui a été promis :

Un bâtiment conforme aux normes pour le public, les artistes et le personnel ; un plateau comparable à ceux de ses homologues dans les autres grandes villes de la FWB et ailleurs : au minimum 15 x 15 m pour le plateau de la grande salle, et 8 x 8 m pour le plateau de la petite salle / salle de répétition ; des espaces et logements sains et dignes pour les artistes.

La base.

Pourquoi Charleroi devrait-elle avoir moins, ou être moins bien qu’ailleurs ? Pourquoi sa jeunesse, son tissu associatif, son corps éducatif et le grand public devraient-ils s’en contenter ?

À L’Ancre, nous refusons de nous y conformer et de nous y résigner.

Nous ferons entendre notre voix jusqu’à ce que les promesses soient tenues.